.



Le cinéma ressemble tellement aux autres arts ; s'il y a des caractéristiques éminemment littéraires, il y a aussi des caractéristiques théâtrales, un aspect philosophique, des attributs empruntés à la peinture, à la sculpture, à la musique.

Akira Kurosawa


Et parce qu'on ne peut pas que s'intéresser au cinéma, voici mon blog de littérature ICI


.

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 05:04

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 05:41

Ma liste

Ma liste
10000
1001 pattes
1984
3 Amis
300
37,2
60 secondes chrono
A history of violence
A la croisée des mondes 1
A la poursuite d'Octobre rouge
A la poursuite du diamand vert
A la rencontre de Forrester (2001 de Gus Van Sant avec Sean Connery, Rob Brown)
Adieu poulet
Aeon Flux
Agents Secrets (de Frédéric Schoendoerffer avec Vincent Cassel & monica Bellucci)
Aladin
Alexandre
Alice au pays des merveilles
American Beauty (réalisé par Sam Mendes)
American History X
Angel
Angel-A
Anna et le roi
Apparences
Appleseed
Archimède le clochard
Armagedon
Arnaques crimes et botanique
Arrete moi si tu peux
Arsene Lupin
Arthur et les mimimoys
Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre (2002)
Astérix & Obélix aux jeux olympiques
Aurore
Austin powers
Australia
Autant en emporte le vent réalisé par Victor Fleming
Babel
Bad Boys
Bambi 1& 2
Bandidas
Basic Instinct 1& 2
Batman
Battle royale
Belle de jour
Ben Hur (réalisé par William Wyler)
Benjamin Gates 1&2 (Jon Turteltaub avec Nicolas Cage, Diane Kruger, Jon Voight)
Bienvenue à gattaca
Big Fish
Big mama 1&2
Billy Elliot
Birth (avec Nocole Kidman)
Blade Runner (1982)
Blood Diamond
Blueberry
Bons baisers de Russie
Boy A
Braveheart réalisé par Mel Gibson
Brocéliande
Buena vista social club
Buffet froid
Camping
Camping car
Capitaine d'avril
Cars
Casino
Casino Royal
Catwoman
Ce que je sais d'elle d'un simple regard
Ce que pensent les hommes
Ce que veulent les femmes
Chacun cherche son chat
Charlie et la chocolaterie
Chicken Little
Chicken run
Chouchou
Citizen Kane (1941)
Closer, entre adultes consentants
Collateral
Collision
Complot
Constantine
Contact
Coup de foudre à manhattan
Coup de torchon
Cyrano de Bergerac
dangereuse séduction
Da vinci code
Danse avec les loups réalisé par Kevin Costner
De battre mon c½ur s'est arrêté
Déjà Vu
Des hommes d'honneur (1992 de Rob Reiner avec Tom Cruise, Kevin Bacon, Jack Nicholson, Demi Moore)
Destination Finale 1&2&3
Détention secrète
Die hard 1&2&3&4
Dirty dancing
Disco
Dix-sept fois Cécile Cassard
Double zéro
E.T. the Extra-Terrestrial (1982)
Eagle eye
Effroyables jardins
Elephant
Entre adultes
Entretien avec un vampire
Et au mileu coule une rivière
Eyes Wide Shut
Fauteuils d'orchestre
Fenêtre sur cour (1954 d'Hitchkock avec James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey)
Fight Club (1999)
Fight plan
Final cut
Firewall
Flash danse
Flight Plan
Flubber
Forever young
Fou d'Irène
Forrest Gump réalisé par Robert Zemeckis
Fourmi z
Freaky friday
French Cancan (Avec Gabin)
Frère des ours
Frères de sang
From Hell
Gangs of new york
Garde à vue
Ghost
Gladiator
Good morning Vietnam
Gran Torino
Hackers
Hannibal Lecter : l'origine du mal
Happy days (série)
Harry Potter
Heat
Hellboy
Hitch - expert en séduction
Hors de prix
Hors jeu
Huit femmes
Hurricane Carter
I robots
Il était une fois dans l'oued
In the mood for love
Incassable
Incontrôlable
Independence Day
Indiana Jones 1->2008
Indigènes
Indochine
Infidèle
Instinct meurtrier
Intelligence artificielle
Irreversible
Iznogoud
Jack l'éventreur
Jackpot
Jacky Brown
Jarehead, la fin de l'innocence
Je suis une légende
Jean de Florette
Jeanne d'Arc
Jours de tonnerre
Jumper
Jurassic Park
K19
Kill bill 1&2
King Kong (1933)
Kung Fu Panda
L.A. Confidential
La Belle et la bête (1946)
La bête humaine
La cage aux folles
La cantate d'Hitler
La chèvre
La cité de la joie
La cité de la peur
La Cité des anges
La classe américaine
La confusion des sentiments
La doublure
La faille
La Fille de d'Artagnan
La firme
La folie des grandeurs
La graine et le mulet
La grande évasion
La grande vadrouille
La guerre des mondes
La haine (1995 de Mathieu Kassovitz avec Vincent Cassel, Hubert Koundé)
La leçon de piano
La Légende de Bagger Vance
La ligne rouge (1998 deTerrence Malick avec Sean Penn, Jim Caviezel, Ben Chaplin)
La ligne verte
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
La Liste de Schindler réalisé par Steven Spielberg
La mentale
La môme
La mort vous va si bien
La mouche
La nuit au musée
La panthère rose
La Piscine
La planète des singes
La promesse de l'ombre
La Rançon
La tour montparnasse infernale
La vengeance dans la peau
La vérité si je mens
La vie des autres
La vie est belle
Lady Chatterley
L'Affaire Dominici
L'Africain
L'age de glace 1&2
Laisse tes mains sur mes hanches
L'ami de la famille
L'arme Fatale 1-2-3-4
L'armée des douze singes
L'autre c'est moi (spectacle)
Lawrence d'Arabie réalisé par David Lean
Le Capitaine Fracasse
Le cauchemar de Darwin
Le cercle des poetes disparus
Le Chat (Signoret-Gabin)
Le chocolat
Le Cinquième élément
Le Clan des Siciliens
Le c½ur des hommes 1&2
Le corniaud
Le Crime de l'Orient-Express
Le Dernier métro
Le dernier roi d'Ecosse / (The Last King of Scotland)
Le dernier samourai
Le diner de cons
Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001)
Le fan
Le fugitif
Le Grand bleu
Le Jaguar
Le Jour le plus long
Le livre de la jungle
Le Mexicain
Le monde de Narnia 1
Le monde Némo
Le nouveau monde
Le pacha
Le Pacte des loups
Le palanquin des larmes
Le parfum
Le Parrain réalisé par Francis Ford Coppola
Le Passage
Le Patient anglais réalisé par Anthony Minghella
Le père noel est une ordure
Le petit lieutenant
Le Pôle Express
Le Pont de la rivière Kwaï réalisé par David Lean
Le Roi Lion
Le sang des autres
Le Sauvage
Le secret de Brokeback Mountain
Le Seigneur des Anneaux
Le Silence des agneaux réalisé par Jonathan Demme
Le Talentueux M. Ripley
Le Tatoué
Le terminal
Le Tour du monde en 80 jours réalisé par Michaël Anderson
Le viager
Le Vieux fusil
Le voyage de Chihiro
L'effet papillon
L'Enquête corse
L'eveil (De Niro-Robin Williams)
Léon
Les 3 mousqutaires
Les 4 fantastiques
Les 400 coups
Les affranchis
Les autres
Les bronzés 1&2&3
Les chansons d'amour
Les Cigognes n'en font qu'à leur tête
Les fantomes de Goya
Les frères Grimm
Les Incorruptibles
Les indestructibles
Les Infiltrés
Les Joueurs
Les Liaisons dangereuses
Les misérables
Les noces Funèbres
Les oiseaux (1963 d'Hitchcock avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Suzanne Pleshette)
Les rebelles de la forêt
Les ripoux
Les rivières pourpres
Les sous doués
Les tontons flingueurs
Les valseuses
Les Visiteurs
L'été meurtrier
Leur morale... et la nôtre
L'étrange histoire de Benjamin Button
L'Homme qui en savait trop (1956 d'Hitchkock avec James Stewart, Doris Day)
L'homme qui parlait à l'oreille des chevaux
L'Homme qui voulut être roi
L'illusioniste
L'insoutenable légèreté de l'être
L'Interprète
L'ombre d'un soupcon
Lord of war
Love actualy
Ma sorcière bien aimée
Madagascar
Manon des sources
Marie Antoinette
Matrix 1&2&3
Mélodie en sous-sol
Memento
Memoires d'une Geisha
Men in Black
Mensonge d'état
Mensonges et trahisons et plus si affinités...
Mes amis, mes amours
Mes copines
Metisse
Metropolis
Meurtre Parfait
Million Dollar Baby
Minority report
Minuit dans le jardin du bien et du mal
Mission impossible I&II& III
Mon nom est Totsï
Mon voisin le tueur
Mon voisin Totoro
Monsieur Batignole
Monster House
Monstres et Cie
Moulin Rouge (2001)
Mr and Mrs Smith
Mulan
mulholland drive
Munich
My Blueberry Nights
Mystic river
Nausicaä, la vallée du vent
Ne le dis à personne
Neverland
Nikita
Nos Voisins, Les Hommes
Notre dame de Paris
Obsessed
Ocean's 11&12&13
On ne vit de 2 fois (007)
On va s'aimer
Operation Corned-beef
Out of Africa réalisé par Sydney Pollack
Parfum de femme
Palais royal
Panic room
Papa est en haut (spectacle gad elmaleh)
Parle avec elle (2002)
Parole de flic
Passion de Jeanne d'Arc
Patient 14
Pédale douce/dure
Persopolis
Peter pan
Philadelphia
Phone game
Piège en haute mer
Pinocchio (1940)
Pirates des caraibes 1&2
Pocahontas
Police académie
Pompoko
Porco Rosso
Pour la peau d'un flic
Présumé innocent
Prête-moi ta main
Princesse Mononoké
Proposition indécente
Pulp Fiction (1994)
Quand j'étais chanteur
Quanrante Ans Toujours Puceau
Quatre vingt huit minutes
Qui veut le peau de Roger Rabbit
Rain Man réalisé par Barry Levinson
Ratatouille
Ray
Rencontre avec Joe black
Retour à cold montain
Retour vers le futur 1&2&3
Réussir ou mourir
Ripoux
Ripoux contre ripoux
Robin des Bois, prince des voleurs
Rush Hour
Sagan
Save the last dance
Scarface
Scoop
Sept ans au Tibet
Seul au monde
Se7en
Shakespeare in Love réalisé par John Madden
Sheitan
Shrek
Sin city
Sinbad - la légende des sept mers
Sissi
Six jours sept nuit
Sixième sens
Sleepy Hollow
Sleppers
Slevin
Slumdog Millionaire
Snatch
Solaris
SOS Fantomes
Soyez sympa, rembobinez !
Space Cowboys
Sphère
Spiderman 1&2&3
Spy game
Star Wars 1&2&3&4&5&6
Steack
Step in'
Step up'
Subway
Sur la route de Madison
Sur mes lèvres (de Jacques Audiard avec Vincent Cassel & Emmenuelle Devos)
Syriana
Tais-toi !
Tatie Danielle (1990)
Taking chance
Taxi 1&2&3&4
Tendre poulet
Tenue de soirée
The Big Lebowski
The Dark Knight, Le Chevalier Noir (Batman 2008)
The Duchess
The Fly (1986)
The game
The holliday
The Lord of the Rings (2001-03)
The reader
The sentinel
The war (documentaire)
The watcher
Tontons flingueurs, Les (1963)
Tootsie
Top Gun
Tous les matins du monde
Tout sur ma mère
Toy Story (1995)
Traqué
Treize à la douzaine
Troie
Trois hommes à abattre
Truman capote
Twelve Monkeys (1995)
Twilight
Un ami parfait
Un crime au paradis
Un crime dans la tête
Un homme d'exception réalisé par Ron Howard
Un jour sans fin
Un Long dimanche de fiançailles
Un mariage parfait (easy virtue)
Un monde parfait
Underworld: 1&2
Une nuit en enfer
Une verité qui dérange
Usual Suspects, The (1995)
V pour Vendetta
Va vis et deviens
Vanilla sky
Venus beauté
Vicky Cristina Barcelona
Vivre me tue
Vol 93
Vol au-dessus d'un nid de coucou réalisé par Milos Forman
Volte-face
Volver
Wanted, choisis ton destin
Wasabi
Will Hunting
Wonderful days
X-Men 1&2&3
X-Men Origins
Zathura, une aventure spatiale


# Posté le dimanche 21 septembre 2008 05:33

Modifié le dimanche 10 mai 2009 10:16

Ce que je sais d'elle ... d'un simple regard.

Ce que je sais d'elle ... d'un simple regard.
Date de Sortie : Oct 2000

Sénario : Rodrigo Garcias

Réalisateur : Rodrigo Garcias

Acteurs principaux : Glenn Close, Cameron Diaz, Calista Flockhart, Amy Brenneman, Valéria Golino ...

Le film : A Los Angeles, les destins parallèles de sept femmes d'aujourd'hui : le docteur Elaine Keener, un médecin réputé qui, grâce à une voyante, prend lentement conscience de la médiocrité de sa vie ; Rebecca, une directrice de banque, qui hésite entre deux hommes et n'en gardera aucun ; Rose, qui vit seule avec son fils ; Christine et sa compagne Lilly, à l'agonie ; Kathy, qui enquête sur le suicide d'une certaine Carmen ; enfin, Carol, la soeur aveugle de Kathy, qui aime sortir et multiplier les aventures. Toutes vivent des angoisses, des désirs et des doutes. Au-delà de ce qu'on peut connaître d'elles d'un «simple regard», le destin et les questions de chacune sont dévoilés... Une oeuvre pleine de charme et de finesse, qui a été primée au Festival de Cannes en 2000 dans la catégorie «Un certain regard».

Avis : Le cinéaste Rodrigo Garcia souhaitait depuis longtemps porter à l'écran la relation des destins croisés de plusieurs couples à Los Angeles, ville matérialisant selon lui le contraste proximité/isolement. Après avoir songé à rendre compte de la vie de couple d'une douzaine de personnes, il a opté pour la description de cinq caractères de femmes. Cinq portraits de femmes, aux prises avec leurs angoisses, leurs désirs et leurs doutes. Une chronique juste et lumineuse portée par cinq superbes comédiennes au sommet de leur art et de leur charme. Tantôt intimistes et poignantes, tantôt cocasses, ces tranches de vie sonnent juste et leur simplicité n'enlève rien à la sagacité du regard de Rodrigo Garcia.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 23 septembre 2008 10:37

Modifié le jeudi 25 septembre 2008 05:21

La promesse de l'ombre

La promesse de l'ombre
Date de sortie : Nov 2007

Sénario : Steve Knight

Réalisateur : David Cronenberg

Acteurs principaux : Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl.

Le film : Bouleversée par la mort d'une jeune fille qu'elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s'aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l'ouvrage qu'elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu'elle possède va lui attirer de sérieux problèmes...
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l'Est, c'est le début d'une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l'innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d'un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville...

Avis : On ne peut pas en dire grand-chose, sous peine de gâcher le plaisir de la découverte. Mais ce sommet de violence magnifique - un affrontement physique qui terrifie par sa cruauté et subjugue par sa beauté - est à la fois le sommet et l'essence des Promesses de l'ombre. La séquence pourrait donc trouver sa place dans une anthologie des combats au cinéma, mais il vaut bien mieux la laisser à sa place, au coeur d'un film qui affirme une nouvelle fois la force du cinéma de David Cronenberg.
Tourné à Londres, sur un scénario de Steven Knight, qui avait écrit Dirty Pretty Things pour Stephen Frears, Les Promesses de l'ombre est une histoire de gangsters dont les ressorts semblent familiers : on y voit une innocente précipitée dans l'univers de la violence, un patriarche du crime confronté à la faiblesse de son héritier. Et pourtant ce film est de bout en bout un voyage dans le monde de Cronenberg, un monde où le mal et la maladie se confondent, où le corps est à la fois un organisme et une machine - en somme une version cauchemardesque et poétique de notre vrai monde à nous.
Au début du film, on voit un honnête commerçant, barbier de son état, forcer son fils à égorger l'un de ses clients. Puis, dans un hôpital londonien, Anna (Naomi Watts), une sage-femme d'origine russe, met au monde l'enfant d'une adolescente mourante. Partie à la recherche de la famille du nourrisson désormais orphelin, elle pénètre dans l'antre - un luxueux restaurant à la décoration tsariste - de Semyon (Armin Mueller-Stahl), un grand-père dont la bonhomie ne cache pas l'infinie cruauté.
Autour de Semyon, il y a le fils qu'il a eu, Kirill (Vincent Cassel), psychopathe sans envergure, et le fils qu'il aurait voulu avoir, Nikolaï (Viggo Mortensen), qui vient d'être embauché comme factotum mais va vite monter dans la hiérarchie du gang.
En d'autres mains, il y avait de quoi faire un film banal, et même raté. Comment croire en cette famille russe recomposée à coups d'acteurs allemand, français et américain ? Ce qui aurait pu être une galerie de tronches est ici un trio dissonant, dans lequel les acteurs opposent des présences physiques parfaitement contradictoires - la masse opaque de Mueller-Stahl, la frénésie vaguement repoussante de Cassel et l'autorité aristocratique de Mortensen.
C'est la deuxième fois consécutive - après A History of Violence - que Cronenberg fait appel à cet acteur. Comme dans le précédent film, Mortensen dévoile progressivement son personnage, l'efficace technicien du crime organisé devient un ambitieux assoiffé de pouvoir avant de révéler encore et encore d'autres facettes. Cette lecture du personnage se fait aussi au sens littéral du terme : tout son corps est couvert de tatouages, signes permanents de son passé de criminel et de détenu. L'idée de la modification du corps en fonction des désirs et des ambitions est une des obsessions que Cronenberg a mises en scène avec le plus de bonheur. Par le passé, elle a pris un tour fantastique ; ici, énoncée simplement, de façon presque documentaire, elle reste formidablement évocatrice.
D'autant qu'elle s'accompagne de l'autre leitmotiv du cinéma de Cronenberg : la contagion. La promesse venue de l'Est du titre original est celle d'une épidémie (ce n'est sans doute pas une coïncidence si le faux jumeau de Cronenberg, David Lynch, a fait des réseaux de prostitution d'Europe de l'Est le lieu de l'enfer dans Inland Empire). Dans Londres, jadis chef-lieu de l'Empire, toutes les cultures de virus peuvent prospérer. Les Russes et les Tchétchènes importent leur guerre, et Cronenberg en fait une succession d'affrontements secs et violents. La misère des provinces de feu la patrie du socialisme propulse sa jeunesse dans les bas-fonds des docks, et les séquences dans le triste claque que gère Kirill glacent le sang.
David Cronenberg joue un jeu dangereux, auquel il s'était déjà essayé avec succès dans A History of Violence : il respecte les règles du genre - en l'occurrence le film de gangsters - et joue avec l'adrénaline des spectateurs, mais il s'astreint aussi à une rigueur qui empêche ceux-ci de n'être que les simples clients dans le peep-show de la décadence.

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 05:05

Modifié le jeudi 25 septembre 2008 05:21

1984

1984
Date de Sortie : 1894

Sénario : Jonathan Gems, Michael Radford (d'après l'oeuvre de George Orwell)

Réalisateur : Michael Radford

Acteurs principaux : John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton

Le film :
Le tournage s'est déroulé à Londres d'avril à juillet 1984.
Richard Burton, qui était le quatrième choix pour le rôle d'O'Brien, est décédé le 5 août 1984, peu après la fin du tournage. Le film lui est dédié.
1984 (Nineteen Eighty-Four) est un film britannique réalisé par Michael Radford d'après le roman de George Orwell et sorti en 1984.
1984, le monde est divisé en trois parties : l'Océania, l'Estasia et l'Eurasia. Ces trois nations sont en guerre. Winston, un simple employé au service de Big Brother, va commettre un crime par la pensée et vivre un amour avec une jeune femme. Winston vit dans un très modeste appartement. On découvre que la société est divisée en trois parties : Le Parti intérieur, le Parti extérieur et les Prolétaires, les Prolétaires vivent dans des zones spéciales. Le maître de l'Océania est Big Brother, dont le portrait est affiché sur tous les murs et télécrans. Le visage de Big Brother est le suivant : Il a une petite moustache, son visage semble vouloir rassurer mais aussi montrer une certaine sévérité. Les gens disposent chez eux de télécran, sorte de télévision qui peuvent les regarder, les entendre et les réprimander au besoin (le télécran fonctionne comme une visio-conférence). L'opposant politique de Big Brother est Goldstein, qui prétend que la guerre n'existe pas et qu'elle ne sert qu'à maintenir l'intégrité du régime. Les restrictions alimentaires sont très dures, ainsi que les libertés et les mouvements des gens, sauf pour les prolétaires, qui sont considérés comme des animaux.
Manipulant et contrôlant les moindres détails de la vie de ses sujets, Big Brother est le chef spirituel d'Oceania, l'un des trois Etats dont la capitale est Londres. Le bureaucrate Winston Smith travaille dans l'un des départements. Mais un jour il tombe amoureux de Julia, ce qui est un crime. Tous les deux vont tenter de s'échapper, mais dans ce monde cauchemardesque divisé en trois, tout être qui se révolte est brisé.

Le livre :
Il existe des livres et des auteurs qui resteront gravés dans l'Histoire. L'écrivain britannique George Orwell et son roman 1984, pièce maîtresse de son oeuvre littéraire, en font partie. Ecrit en 1948 par un homme mourrant, 1984 est un des plus grands ouvrages du XXe siècle, c'est certain. Mais il est toujours bon de le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas.

George Orwell, de son vrai nom Eric Blair, né en Inde en 1903, fut policier dans son pays, clochard et plongeur dans un restaurant à Paris, combattant au côté des Républicains espagnols en 1936, homme de gauche engagé avec les communistes, speaker à la BBC, maître d'école, employé d'une librairie, journaliste, mais surtout un grand écrivain en son siècle. Farouche défenseur des libertés, il dénonça les crimes communistes et écrit de nombreux romans et essais.

"La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force." répète le régime de Big Brother en 1984, société la plus totalitaire imaginée en littérature. Orwell, qui a eu pour professeur de Français Aldous Huxley, auteur du Meilleur des Mondes, décrit ici un monde terrifiant, où la Police de la pensée règne. Winston Smith est employé au Commissariat des Archives, dans le ministère de la Vérité, où il falsifie l'Histoire pour ne pas compromettre le pouvoir qui se serait trompé dans le passé. Tout est réécrit : il n'y a plus aucune trace de l'erreur, il n'existe qu'une seule version des faits, celle de Big Brother, dictateur à la grosse moustache noire... Depuis des années, on mène une guerre sans fin et patriotique au bout du monde, la pensée est contrôlée, les opposants sont torturés par le ministère de l'Amour qui détruit leur mémoire et leur existence, la propagande s'affiche quotidiennement, et, partout, "Big Brother" nous regarde. Dans une société où l'Humain et ses sentiments ont été éliminés, Winston recherche l'amour et la liberté. Il se met à écrire secrètement dans son carnet, parmi des êtres totalement asservis.

George Orwell, qui s'emploie à dénoncer les régimes totalitaires de son époque et ceux qui les suivront en exemples, écrit une histoire assez simple au premier abord, celle de Winston et de cette société. Mais ce chef d'oeuvre est beaucoup plus qu'une simple critique : c'est une réflexion en profondeur sur le totalitarisme, la liberté, la pensée et l'humain. Roman de science-fiction ou thèse politique, 1984 nous montre que personne n'est à l'abris du contrôle de la pensée, même Winston qui, pourtant, y est symbole de la révolution contre la dictature... Orwell, écrivant avec violence des passages sur la torture et les pires sentiments humains, ne tombe pas dans le simplisme mais étudie le phénomène totalitaire. Que dire de ces personnages, Syme, qui restreint Staline_3 le vocabulaire pour créer le "Novlangue" afin de limiter la pensée, ou Parson, esclave du Parti, qui se fait dénoncer par sa fille et en est tout de même fier, si ce n'est y trouver un terrible - mais réaliste - parallèle avec tous ceux dont la pensée libre a été supprimée au point de les anéantir humainement ?

1984 est finalement un miroir de l'Homme et de ses pensées les plus dangereuses. George Orwell a réussi à mêler dans son récit à la fois une intrigue bien menée et une véritable réflexion (à gauche, comme tous les essais de l'écrivain, mais 1984 dépasse évidemment les clivages politiques). Nous avons là la description détaillée de Londres imaginée en ruines, où le regard de Big Brother (à propos, qu'en aurait pensé Staline à la lecture de l'ouvrage ? ...) est omniprésent, dominée par les ministères de l'Amour (respect de la loi), de la Vérité (information), de la paix (la guerre). Le roman d'Orwell pose aussi la question de la liberté et de la conscience morale - de la responsabilité : comment ne pas douter du bien-fondé d'une société fondée sur la terreur, la délation et le mensonge, en particulier lorsqu'on participe personnellement à l'élimination systématique de toute pensée autre qu'officielle ? Publié en pleine guerre froide, 1984 est forcément un grand livre (par sa portée philosophique et la personnalité de son auteur), qui a osé traiter d'un sujet épineux mais à qu'on ne pouvait ignorer à l'époque, le totalitarisme et la métamorphose des "révolutions" en systèmes despotiques. On accusa Orwell d'anticommunisme et utilisa (après sa mort) son livre aux Etats-Unis contre l'URSS. Alors qu'il n'était jamais rentré en Union soviétique, il avait réussi à décrire le quotidien des cadres du Parti, d'après certains concernés... 1984 n'est pas une vision terrifiante de l'avenir politique (et humain) du monde, mais un condensé (personnalisation du pouvoir, propagande, violence...) de toutes les idées totalitaires qu'ont acceptées nombre de personnes au nom de la "révolution".

Roman très sombre et pessimiste (Orwell n'était sans doute pas confiant en l'avenir en 1948...), 1984 dépassera toutes les époques, car jamais un livre n'a autant démontré que l'Homme est dangereux pour lui-même par ses actes et sa pensée. C'est un rappel à chaque génération que la liberté de la pensée reste pour une société démocratique la première obligation. La littérature, avec ce livre et cet auteur en références entre autres bien sûr, s'est emparée de l'engagement pour la force de la pensée. (Image : affiche de propagande, 1937, Collection David King)

# Posté le lundi 20 octobre 2008 04:53

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 04:27